IDeale DS FRANCE le plus grand club français consacré à la Citroën DS

Au début des années 50, les bambins que nous étions, guettions avec impatience deux événements majeurs qui se tenaient chaque année à l’époque sous la grande verrière du Grand Palais :
Le Salon de l’Auto et le fameux Salon de l’Enfance que nous attendions peut-être avec plus d’impatience encore...
Certes, il n’y avait guère de difficultés (sauf « colle » calamiteuse au collège, tout juste le fameux dimanche prévu !) pour accompagner les parents qui ne manquaient pas d’aller admirer les nouveautés des constructeurs automobiles.
Il fallait par contre batailler ferme pour convaincre nos mères de nous accompagner au Grand Palais un jeudi après-midi pour « notre salon à nous » !
Mais quel bonheur quand nous y parvenions ; et je me souviens des longues visites sur les stands des « grandes marques » où notre petit monde se bousculait dans un joyeux vacarme, pour voir, toucher et essayer les nouveautés de l’année, avec l’espoir, hélas souvent déçu, de se les faire offrir pour Noël…

Comme pour les « vraies », nos marques françaises tenaient le haut du pavé avec Dinky Toys (France), Norev, Jep, CIJ, JRD, Quiralu, Joustra, GéGé, Joujoulac, la Hotte Saint Nicolas et j’en passe car, après les années noires de la guerre, il y avait maintenant pléthore de fabricants, grands ou petits, véritables industriels installés ou simples artisans audacieux. Et tout comme l’industrie automobile, l’industrie du jouet était en plein essor! Les restrictions de matières premières, qui dans l’immédiat après-guerre avaient privé Dinky Toys de caoutchouc pour les pneus de ses miniatures, justifiant ainsi pour quelques années le montage de roues métal sur les modèles (la Traction entre autres) ainsi que la distribution de pompes à essence sans tuyaux ( ! ), avaient été levées et le plastique, après l’ébonite, commençait à acquérir ses lettres de noblesse…

En fins connaisseurs nous ne voulions pas non plus ignorer les marques étrangères, reléguées en périphérie du salon. (C’était de bonne guerre !). Parmi elles on pouvait compter Corgi Toys, Matchbox pour l’Angleterre (les Dinky made in England n’étaient pas importées en France), Tekno pour le Danemark, Schuco pour l’Allemagne (« made in Germany, U.S. Zone »! la guerre froide remplaçait hélas la précédente…) ; et déjà de vaillants fabricants japonais, (Bendaï, qui construisit aussi des DS !) se ruaient à l’assaut de nos porte-monnaie, nous envahissant avec toute une gamme de jouets en fer blanc et plastique souvent bas de gamme, mais bien souvent équipés de moteurs à piles et parfois « téléguidés ».

La visite était longue et harassante pour nos mères, car il ne fallait pas oublier non plus les trains, les bateaux, avions, soldats, bref tout ce que dont un enfant pouvait rêver !
Et en toute fin de parcours, pour montrer en quelque sorte notre bonne volonté et notre désir d’être exemplaires, on se laissait traîner sans aucun enthousiasme vers les sections « sérieuses » des « jouets éducatifs » tenues généralement par les maisons d’édition de l’époque…

Et bien sûr, dès 1955, nos constructeurs de jouets français, et aussi bientôt certains étrangers, rivalisèrent d’audace et de technique pour nous présenter au plus vite, devinez quoi, la Merveille des Merveilles, la fameuse Citroën DS 19 qui avait enthousiasmé les foules au Salon de l’Automobile et qui, nous nous en souvenons très bien, nous avait laissés bouche bée, elle qui nous changeait tant des austères Tractions, noires ou grises, si efficaces et toujours superbes, mais dorénavant quelque peu désuètes...

Succès évidement assuré , des DS, il y en eut vite à profusion : en zamak (la mythique Dinky Toys « 24C » novembre 56 ; mais il fallut attendre la « 24CP » en 58 pour la voir enfin équipée de glaces…), en plastique (Norev, avec la plus petite en Micro Norev au 1/86 et de très belles réalisations au 1/43, qui plus est souvent équipées d’antennes radio, un must !), en tôle (Joustra), et même en bois ! (la superbe Joujoulac au 1/10, novembre 55, oscar du Jouet 1956, démontable et longue de 48 cm.) et ceci à toutes les échelles (même hasardeuses…) et bien sûr pour toutes les bourses ! Avec ou sans moteur, à clé, à « friction » ou électriques, « téléguidées » (on aurait dû dire « filoguidées » !). Sans parler des « grands formats » à pédales, toutes en tôle à l’époque et si rutilantes, avec Klaxon et phares électriques ! « Non, mon petit ! pas de ça à la maison, c’est trop gros !!! » (Excuse parentale, classique et fallacieuse pour préserver le mobilier des pare-chocs lors de courses effrénées!)

Toutes connurent un grand succès auprès des enfants et même des parents qui avaient eu l’audace, malgré les délais et la nouveauté, de commander chez Citroën cette voiture révolutionnaire !
Mais pour revenir à notre Salon de l’Enfance, l’année 1959 fût, une fois de plus, un grand cru pour la DS 19!:
La firme GéGé, entreprise fondée en 1934 par Germain Giroud (d’où le nom) à Moingt près de Montbrison dans la Loire, produisait depuis l’origine des centaines de jouets de toutes sorte, allant de la dînette aux jeux scientifiques (« le Petit Biologiste »), en passant par les poupées, les ours, les voitures et circuits automobiles, sans oublier les trains échelle HO à partir de 1958.
En 58, GéGé fabriquait depuis quelques années de superbes miniatures de berlines françaises au 1/43, tout plastique, généralement équipées d’un « moteur à friction ». Il adjoignit bien évidement à sa gamme une splendide DS 19.

Il produisait aussi alors une très belle série de voitures « téléguidées » et très « Robrisées » comme on disait à l’époque, (du nom du célèbre accessoiriste).
Là aussi, pour renouveler le parc et contrer l’invasion de l’Allemand Schuco et des Japonais, tous adeptes de cette fameuse « télécommande », il introduisit en 58 une merveilleuse DS 19 au 1/20, très fidèle, avec un intérieur superbe et bien sûr équipée des derniers perfectionnements en matière de filoguidage : direction précise, marche av. et ar., vitesse progressive (4 positions), éclairage et clignotement des feux, Klaxon au volant…

Ces efforts furent dignement récompensés et le Jury attribua à la DS 19 Téléguidée fabriquée par GéGé, « les Beaux Jouets de France » à Montbrison (Loire) France – Tél. : N° 79 et 451 (sic !) la distinction suprême, à savoir : Grand Prix du Jouet 1959 – XIIème Salon de l’enfance

Moulée en très beau plastique, c’est sans doute pour moi la plus belle des DS « jouet » produites de par le vaste monde! On admire la fidélité de la reproduction de ses lignes avant-gardistes comme de son intérieur et on ne se lasse pas de jouet avec !
« Et, qui plus est, c’est français, ça, Monsieur ! »

A bientôt pour d’autres aventures en « miniature jouet »… !

Auteur : Jean-Michel Blévot

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La plus petite…L’adorable Norev au 1/86 et sa version porte-clé
La mythique 24 C Dinky, prix 270 anciens Francs
GéGé 1959, boîte, avec Trophée de l’année et mode d’emploi
La même, détail de la « Télécommande »
et son superbe profil !Admirez les couleurs et le volant !
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